À 22 ans, Hugo Ekitike a pris sa décision. L’attaquant franco-camerounais, né à Reims d’un père camerounais et d’une mère française, a clairement affiché son ambition : il veut jouer pour les Bleus. Sollicité à plusieurs reprises par la Fédération camerounaise de football, et même approché directement par Samuel Eto’o en personne, Ekitike a poliment décliné. Son regard est fixé sur Clairefontaine, pas Yaoundé.
Dans une interview accordée à Bild en mai 2024, il ne laisse aucune place au doute : « Je vais regarder l’Euro à la télé, ça, c’est sûr. Mais si je montre mes qualités ici, à Francfort, ce rêve bleu deviendra réalité. Je ne me fixe aucune limite. Bien sûr, je peux encore progresser. »
Une déclaration qui résonne comme un message fort après une saison contrastée en Allemagne. Prêté par le PSG à l’Eintracht Francfort, Ekitike a connu des débuts discrets, avec 3 petits buts et 2 passes décisives en 15 matchs. Pourtant, convaincu de son potentiel, Francfort a levé l’option d’achat, l’engageant jusqu’en 2027. Bien vu : cette saison, Ekitike explose enfin. En 23 rencontres, il a déjà planté 13 buts et offert 3 passes décisives, devenant l’un des hommes forts du club.
Côté camerounais, Marc Brys, le sélectionneur, a confirmé que le dossier Ekitike était clos : « Nous respectons son choix. » Une porte qui se referme, mais une ambition qui s’éclaire : pour Ekitike, c’est la France ou rien.
Ce positionnement marque un tournant. Pourtant, il y a encore deux ans, le jeune attaquant laissait planer le doute. En mai 2022, il déclarait : « J’ai une attache particulière avec le Cameroun. Ce sont mes racines. Mais aujourd’hui, je préfère ne pas me précipiter sur un choix de sélection. »
Le temps des hésitations semble révolu. Aujourd’hui, le message est clair : « La France, c’est le Graal. Nous sommes peut-être la meilleure nation du monde. Les places sont chères, il faut les mériter. Mais c’est ça qui me fait rêver. »
Le cas Ekitike illustre à la perfection la question identitaire qui traverse tant de binationaux dans le football. Entre amour des racines et rêve de grandeur, il faut trancher. Lui l’a fait, sans trembler. Pour Hugo Ekitike, le rêve bleu vaut toutes les promesses du monde.


