Manchester United vit une saison cauchemardesque. Relégué à une peu glorieuse 14e place en Premier League et éliminé de la FA Cup par Fulham aux tirs au but (1-1, 3-4), le club ne conserve qu’un maigre espoir de sauver son année en Ligue Europa, où il affrontera la Real Sociedad en huitièmes de finale (6 et 13 mars). Dans ce contexte tendu, André Onana, le gardien camerounais, est devenu le bouc émissaire des critiques, qu’elles viennent des médias, des supporters ou même de son propre entraîneur, Ruben Amorim. Face à cette situation, Joseph-Antoine Bell, légende des Lions Indomptables, prend la défense d’Onana dans un entretien exclusif avec *Africafoot*.
Les critiques contre Onana : exagérées et injustes ?
Pour Bell, les reproches adressés à Onana sont disproportionnés. “Une partie de la presse et certains supporters ne retiennent que ses quelques erreurs, comme si Manchester United vivait une saison catastrophique uniquement à cause de lui. C’est absurde”, affirme-t-il. Selon lui, le problème est bien plus profond. “Manchester United a encaissé 39 buts en Premier League, 9 en Ligue Europa, 6 en Coupe de la Ligue et 3 en FA Cup. Cela montre une fragilité défensive évidente. Onana est souvent exposé. Et l’attaque n’est pas plus efficace, avec seulement 33 buts inscrits en championnat. Est-ce la faute du gardien ? Non.”
Le gardien, bouc émissaire facile ?
Bell dénonce une tendance récurrente dans le football : pointer du doigt le gardien quand l’équipe va mal. “Peut-être parce qu’il porte une tenue différente ?”, ironise-t-il. “Oui, Onana a encaissé des buts, certains étaient évitables. Mais combien en a-t-il sauvé ? Beaucoup.” Il rappelle une leçon de son ancien entraîneur en Égypte, Michael Everitt : “Continue ce que tu fais, et le jour où tu feras une erreur, on se rappellera que tu nous as sauvé mille fois.”
Ruben Amorim, un entraîneur qui lâche son gardien
Alors que Manchester United envisagerait d’investir 50 millions d’euros pour recruter un nouveau gardien (avec des noms comme James Trafford de Burnley ou Diogo Costa du FC Porto en tête de liste), Bell questionne le rôle de l’entraîneur. “Ruben Amorim fait-il mieux que son prédécesseur Erik ten Hag ? Non. Les résultats ne sont pas meilleurs, le jeu de l’équipe ne convainc pas, et son système à cinq défenseurs ne fonctionne pas. Ses joueurs manquent de confiance.” Pour Bell, Amorim préfère faire d’Onana un bouc émissaire plutôt que de prendre ses responsabilités. “Les joueurs le voient. S’ils ne l’ont pas déjà fait, ils finiront par se dire qu’Amorim manque de courage.”
Un départ d’Onana inévitable ?
Si les rumeurs d’un départ d’Onana se multiplient, Bell préfère poser une autre question : “Ruben Amorim sera-t-il encore l’entraîneur de Manchester United la saison prochaine ? Rien n’est sûr.” Il souligne les difficultés financières du club et le coût élevé d’un éventuel licenciement d’Amorim. “Les dirigeants, qui sont avant tout des hommes d’affaires, doivent se poser la question. Le moins cher peut finir par coûter très cher.”
Où pourrait rebondir Onana ?
Bell ne s’inquiète pas pour l’avenir du gardien camerounais. “Il fait partie des cinq meilleurs gardiens du monde. Si United ne veut plus de lui, il aura des offres, que ce soit en Angleterre, en Italie ou en Espagne.” À 28 ans, Onana est encore jeune et ambitieux. “Je ne l’imagine pas du tout partir au Moyen-Orient. C’est un compétiteur, il veut évoluer dans une grande ligue et rejouer la Ligue des Champions.”
Comment Onana vit-il cette situation ?
Les critiques et le manque de soutien de son entraîneur affectent-ils Onana ? “Comment ne pas l’être ?”, répond Bell. “Quand votre entraîneur ne vous soutient pas, c’est décevant. Mais le poste de gardien est l’un des plus exigeants. Heureusement, Onana a un mental solide et une grande personnalité.” Bell est convaincu que le Camerounais souhaite rester à Manchester United. “Cela montre qu’il veut s’inscrire dans la durée avec ce club. Reste à voir si on lui en laissera l’opportunité.”
En attendant, la balle est dans le camp de Ruben Amorim et des dirigeants de Manchester United. Vont-ils soutenir leur gardien ou chercher un nouveau bouc émissaire ?


