Il avait illuminé l’été olympien. Faris Moumbagna, révélation de l’intersaison marseillaise, semblait taillé pour incarner le nouveau projet de Roberto De Zerbi. Mais en août, la promesse s’est brisée net : rupture du ligament croisé lors de la première journée contre Brest. Le couperet est tombé, implacable — une saison blanche annoncée. Mais c’était sans compter sur la force intérieure de l’international camerounais.
Déterminé, rigoureux, presque ascétique, Moumbagna s’est lancé dans sa rééducation avec une discipline exemplaire. Respectant chaque consigne médicale, écoutant son corps, il n’avait qu’un seul objectif : revenir, pour aider l’OM à briller. Son retour à l’entraînement, dès la troisième semaine de janvier, a redonné espoir. Et De Zerbi n’a pas caché son admiration :
« On l’attend. J’espère qu’il nous offrira ce but qui scellera notre qualification pour la Ligue des champions. Il le mérite. C’est un homme formidable. Le karma le récompensera. Ce serait magnifique de le voir décisif dans cette dernière ligne droite. »
Mais Faris n’est pas du genre à brûler les étapes. Loin des projecteurs, il a continué à travailler dans l’ombre, repoussant les limites pour revenir à 100 %. À Marseille, on salue non seulement l’athlète, mais surtout l’homme. Romain Molina, toujours attentif à ce que le football a de plus humain, a tenu à lui rendre hommage :
« Il faut lui rendre hommage. J’entends qu’il est limité… Mais quelle attitude ! Si tous les joueurs avaient son état d’esprit, Marseille serait deuxième sans discussion. Quand il s’est blessé, il s’est excusé auprès du staff, comme si c’était sa faute. Toujours souriant, toujours poli. Ils doivent presque le freiner, tellement il s’investit dans sa rééducation. »
Ce dimanche, pour la 28e journée, le nom de Faris Moumbagna a enfin réapparu sur la feuille de match. Une première depuis août. Une récompense pour son abnégation, une fierté pour l’OM, un signal fort pour les Lions Indomptables.
Le phénix est prêt à reprendre son envol.


