Le football camerounais traverse-t-il une crise majeure ? La question devient de plus en plus pressante alors que les voix dissidentes se multiplient autour de la gestion de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), dirigée par Samuel Eto’o Fils. L’un de ses plus fervents soutiens, Joseph Feutcheu, président du club Djiko FC, vient de jeter l’éponge avec fracas.
L’homme d’affaires, longtemps considéré comme un pilier du football local, a annoncé sa démission de toutes les instances sportives nationales. Son retrait est un coup dur pour le sport roi au Cameroun, tant Feutcheu a investi et soutenu le football local ces dernières années. Mais aujourd’hui, c’est la rupture totale : il affirme qu’il ne reviendra qu’après le départ de Samuel Eto’o de la tête de la Fécafoot.
Cette décision explosive intervient dans un climat tendu, à la suite d’un match entre Djiko FC et AS FAP, lors de la 12e journée du groupe B. Un penalty controversé sifflé en faveur du club du ministère de la Défense (Mindef) a provoqué l’ire de Feutcheu, qui a envahi la pelouse pour ordonner à ses joueurs de quitter le terrain. Relégué en Elite Two, il accuse l’exécutif actuel de saboter volontairement son club.
Dans sa lettre de démission, Joseph Feutcheu ne mâche pas ses mots. Il accuse Samuel Eto’o de mener le football camerounais à la dérive. Voici quelques-uns de ses griefs :
– Les subventions de l’État perçues par la Fécafoot ces trois dernières années, mais jamais reversées aux clubs ;
– Les fonds de sponsoring versés par MTN, mais non distribués aux équipes ;
– Le truquage présumé des matchs par des arbitres manipulés pour pénaliser les clubs critiques envers Eto’o ;
– Les suspensions massives et arbitraires de dirigeants sportifs (5 à 10 ans) ;
– Le refus de faire participer certains clubs, comme Bamboutos FC, aux compétitions africaines.
Feutcheu dénonce un climat toxique, une gestion autoritaire et une destruction méthodique du tissu footballistique local. À ses yeux, l’espoir incarné par l’arrivée d’Eto’o s’est transformé en cauchemar.
Le départ de Feutcheu sonne comme un signal d’alarme : le football camerounais est-il en train de perdre ses plus
fidèles bâtisseurs ?
Extrait lettre de démission Joseph Feutcheu


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