La Fédération camerounaise de football sombre dans une crise qui ne dit pas son nom, et le rythme des départs en dit long. Le dernier en date à claquer la porte : Camille Loe, directeur de cabinet du président Samuel Eto’o. Un départ retentissant qui s’ajoute à une longue liste de démissions. Le bateau tangue, et les passagers quittent le pont avant le naufrage.
Un proverbe africain le dit bien : « Si une grand-mère se dispute avec tous ses petits-fils, ce n’est peut-être plus eux le problème… mais elle. » Cette sagesse populaire résonne aujourd’hui comme une évidence dans les couloirs de Tsinga. Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fecafoot, les départs se succèdent à une cadence inquiétante. De fidèles alliés deviennent des opposants discrets ou déclarés. Paradis, dites-vous ? Pourquoi alors tous ceux qui y travaillent veulent-ils en partir ?
Après Benjamin Banlog, Ernest Obama, Njalla Quan, Benjamin Pondy, et plus récemment Benoît Angbwa, c’est donc Camille Loe qui quitte la scène, deux jours seulement après Angbwa. Ce dernier dénonçait d’ailleurs un climat de harcèlement orchestré par Isaac Mandong, nouvel homme fort de la Fecafoot… et oncle du président. Une consanguinité managériale qui inquiète.
Samuel Eto’o, présenté par ses partisans comme l’homme providentiel du football camerounais, voit son image se fissurer à mesure que tombent les têtes pensantes autour de lui. Les témoignages convergent : un président autoritaire, peu enclin au dialogue, et obsédé par le contrôle. Le style Eto’o, admiré sur le terrain, semble peiner à trouver sa place dans les arcanes d’une administration qui exige écoute et coopération.
Les cerveaux s’en vont, les dociles restent. La Fecafoot, jadis pleine d’espoir sous la houlette de l’ancienne gloire du ballon rond, se retrouve désormais dans la tourmente. Et la question se pose avec de plus en plus d’insistance : Samuel Eto’o dirige-t-il une fédération… ou un royaume ?


