C’était un silence pesant ce soir au stade annexe 1 de l’Omnisports. Les fans venus assister à l’affiche entre Fauve Azur et Bamboutos FC ont vite compris que le choc de la 20e journée n’aurait pas lieu.
Sur la pelouse, seuls les Faya Boys se sont présentés. Les Mangwa Boys, eux, ont décidé de boycotter, mettant à exécution leur menace de retrait du championnat.
Une décision forte, mais prévisible. Depuis plusieurs jours, le président Kamdoum Dechateau avait haussé le ton, dénonçant un arbitrage douteux et surtout, le non-paiement des primes dues au club. Plus de 90 millions de FCFA réclamés à la Fécafoot, sans retour concret. Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice prolongée, Bamboutos FC a frappé un grand coup.
Un bras de fer aux allures de crise ouverte
Pour les inconditionnels des Bleus et Rouges, le coup est dur. L’absence de Koupit Mani et de ses coéquipiers sur la pelouse a laissé un goût amer. Certains fans n’ont pas caché leur tristesse, d’autres leur colère. Car au-delà du spectacle annulé, c’est l’image du football camerounais qui en prend un coup.
L’analyste sportif Elvis Nama n’a pas mâché ses mots :
« La Fécafoot doit répondre sur le fond. Le problème, ce sont les primes. Quand un club gagne et que l’argent tarde depuis plus de 3 ans, c’est incompréhensible. Bamboutos n’est pas parfait, mais sur ce coup, ils ont raison. Et ce silence de la Fédération ne fait qu’envenimer la situation. »
Un signal fort à la Fédération ?
En coulisses, plusieurs clubs suivraient de près cette affaire. Le forfait de Bamboutos pourrait faire des émules si la Fécafoot ne se décide pas à ouvrir le dialogue. D’autant que la crédibilité du championnat est aussi en jeu.
Les arbitres ont noté l’absence du club de Mbouda, comme le stipule le règlement. Le président Nya Norbert et Fauve Azur quittent le stade avec les trois points… mais sans la saveur d’une vraie victoire.
Prochaine étape : la 21e journée. Mais avec un tel climat, difficile de dire ce que réserve la suite du championnat. Une chose est sûre, la bombe est désormais entre les mains de Tsinga.

