Le football camerounais vacille à nouveau sous le poids de la précarité. Ce samedi, au stade annexe A de Japoma, il n’y aura pas de choc entre l’Aigle Royal du Moungo et As Fortuna, comptant pour la 23e journée de la MTN Elite One. La formation du Moungo a décidé de jeter l’éponge, incapable de rallier Douala. Un nouveau forfait qui en dit long sur l’état de délabrement économique des clubs dits “professionnels”.
Déjà absent lors de la précédente journée face à Dynamo de Douala, le club dirigé par Laurent Djam ne sera pas non plus au rendez-vous ce week-end. Dans une lettre officielle adressée à la Fécafoot et signée le 8 mai par Alphonse Fometheu, Secrétaire général du Comité de pilotage, l’Aigle tire la sonnette d’alarme : plus un rond dans les caisses, plus aucune possibilité de poursuivre la saison.
> « Nous avons le regret de vous annoncer que nous ne participerons pas à la rencontre Aigle Royal du Moungo – As Fortuna prévue ce samedi 10 mai à Douala… Cette décision fait suite à notre courrier du 30 avril vous informant de notre situation financière critique. Rien n’a changé depuis. À ce jour, aucune aide, aucun reliquat, aucune subvention ne nous a été versée. Nous espérons pouvoir revenir en compétition dès que nos finances le permettront », écrit le club dans un message aux accents d’abandon.
As Fortuna, déjà installé à Douala avec tout son effectif, risque donc de faire le déplacement pour rien. Une situation absurde, indigne du haut niveau, qui remet sur la table l’épineux débat du financement du football local.
En attendant la confirmation officielle, attendue ce samedi dès 14 heures, une chose est sûre : la MTN Elite One traverse une zone de turbulence. Et l’Aigle Royal du Moungo n’est que le dernier oiseau à tomber du ciel.


