Ce mercredi, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a créé la stupeur en annonçant la démission de Marc Brys de son poste de sélectionneur national. L’information, relayée massivement sur les réseaux sociaux et reprise par plusieurs organes de presse, semblait irréfutable puisqu’elle provenait des canaux officiels de la Fécafoot. Dans l’euphorie, certains, comme Martin Ndtoungou Mpile et David Pagou, voyaient déjà leur heure venue. Mais très vite, il s’est avéré qu’il ne s’agissait que d’un montage grossier.
Contacté, Marc Brys a exprimé son étonnement face à cette annonce, qu’il a catégoriquement démentie dans une correspondance officielle adressée au ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi. Dans ce courrier, il déclare n’avoir jamais rédigé ni transmis une quelconque lettre de démission. Plus encore, il s’étonne que ni la Fécafoot ni un responsable gouvernemental ne l’ait contacté avant la publication de cette « fausse information », laissant planer le doute sur une tentative de le pousser prématurément vers la sortie.
Nommé en avril 2024 dans un climat tendu, Brys s’est rapidement retrouvé au cœur d’un bras de fer entre le ministère des Sports et la Fécafoot, dirigée par Samuel Eto’o. Ce dernier n’a jamais digéré sa nomination et a cherché à imposer son propre staff. L’épisode de son remplacement éclair par Martin Ndtoungou, en mai 2024, avant d’être rétabli par décret ministériel, reste symptomatique de cette guerre d’influence.
Malgré ce contexte chaotique, le technicien belge a su faire ses preuves. Il a mené les Lions Indomptables à une qualification invaincue pour la CAN 2025, avec 14 points au compteur. Son approche tactique moderne, alliant rigueur défensive et audace offensive, a redonné espoir à une sélection en perte de repères. Des victoires marquantes, comme le 4-0 face au Kenya, et l’éclosion de talents tels que Boris Enow ou Wilitty Younoussa témoignent de son apport.
Cependant, les tensions avec la Fécafoot persistent. L’exclusion répétée de son adjoint Joachim Mununga, les accusations d’insubordination, ou encore les 18 griefs portés contre lui, sont autant d’éléments qui illustrent le climat délétère. Brys, par la voix de son agent, rappelle que son contrat dépend du ministère des Sports, et non de la Fédération.
Dans sa lettre, le sélectionneur plaide pour une clarification urgente de sa situation contractuelle et appelle à l’unité autour de l’équipe nationale. « Le Cameroun mérite mieux qu’une instabilité orchestrée », conclut-il. En dépit des manœuvres politiques, Brys reste en poste – pour l’instant – mais la crise de gouvernance continue de menacer la stabilité des Lions Indomptables à l’approche de la CAN 2025.




