đŽ 81 MILLIONS DâEUROS POUR Bryan MBEUMO : QUI PREND QUOI ?
Bryan Mbeumo franchit un nouveau cap dans sa carriĂšre. Lâinternational camerounais, formĂ© au club français de Troyes, vient de signer un contrat retentissant avec le club anglais de Manchester pour un montant estimĂ© Ă 81 millions d’euros soit environ 53 132 517 000 FCFA (53 milliards) . Ce transfert fait de lui lâun des joueurs africains les plus chers du moment.
Lorsquâun joueur de football signe un contrat professionnel, l’argent impliquĂ© dans le transfert ou le contrat est rĂ©parti entre plusieurs parties, selon le contexte. Voici Ă peu prĂšs le cas de figure de Mbeumo:
đŻ 1. Brentford : le vrai jackpot
Le club anglais, qui lâa achetĂ© Ă 7 millions il y’a 6 ans en 2019, empocherait environ 75 Ă 77 millions dâeuros nets.
đ 2. Troyes : l’ancien club formateur
Mbeumo a été formé en partie au CO Avallonais, Bourgoin-Jallieu, puis à Troyes dÚs ses 15 ans.
Grùce au mécanisme de solidarité FIFA (5 %), Troyes reçoit sa part pour avoir formé Mbeumo entre 15 et 18 ans.
đ° 5 % de 81 M⏠= 4,05 M⏠à se partager
đ Troyes pourrait prendre environ 2 Ă 2,5 MâŹ, et les petits clubs de son enfance (CO Avallonais, Bourgoin-Jallieu) se partagent le reste.
Ils touchent de lâor sans avoir levĂ© un doigt aujourdâhui.
Le mĂ©canisme de solidaritĂ© FIFA a pour objectif de soutenir les clubs formateurs, en particulier les clubs amateurs, en leur offrant une compensation financiĂšre pour leur travail dans le dĂ©veloppement des jeunes joueurs. Cela permet aux clubs formateurs de mieux se structurer, d’investir dans leur formation et de bĂ©nĂ©ficier des transferts internationaux de leurs joueurs.
đ€ 3. Agent de Mbeumo : le commercial de l’ombre bien payĂ©
Un bon agent dans un transfert de cette ampleur peut réclamer entre 5 et 10 % du montant total, voire une commission sur le contrat du joueur.
đŒ Il pourrait prendre entre 4 et 8 millions dâeuros, juste pour des coups de fil et quelques signatures.
Oui, Lâagent est celui qui nĂ©gocie le contrat avec le club : le salaire, la durĂ©e, les primes, les conditions particuliĂšres (voiture, logement, billets dâavion, etc.). Il dĂ©fend les intĂ©rĂȘts de son joueur face Ă des dirigeants parfois trĂšs coriaces.
Aujourdâhui, le football est aussi une affaire dâimage. Lâagent aide le joueur Ă gĂ©rer sa communication, ses rĂ©seaux sociaux, ses sponsors, et ses relations avec les mĂ©dias. Certains joueurs deviennent de vraies marques, et câest souvent grĂące Ă leur agent.
đ§đœâđŠ± 4. Bryan Mbeumo lui-mĂȘme : la star, enfin rĂ©compensĂ©e
Mbeumo va toucher une prime Ă la signature estimĂ©e Ă 5 Ă 10 millions dâeuros, selon la durĂ©e et les clauses du contrat.
Son salaire Ă Manchester United ? đŽ On parle facilement de 10 Ă 12 millions dâeuros par an, soit plus de 800 000 ⏠par mois brut.
Et ce nâest pas fini :
âąPrime de buts
âąBonus de victoires
âąDroits Ă lâimage
âąSponsoring personnel
đź 5. Troyes peut aussi toucher un % Ă la revente
Si Brentford avait promis à Troyes 10 % sur toute plus-value, alors Troyes récupÚre 7 à 8 millions de plus !
> đĄ Exemple : Brentford revend Ă 81 MâŹ, achetĂ© Ă 7 M⏠â plus-value = 74 M⏠â Troyes peut toucher 7,4 M⏠supplĂ©mentaires.
đ RĂPARTITION TOTALE SIMPLIFIĂE
Bénéficiaire Montant estimé
Brentford (club vendeur) 70 Ă 73 MâŹ
Troyes (solidaritĂ© + % revente) 2 Ă 10 MâŹ
Clubs de base (Avallon, etc.) 500 000 ⏠à 1 MâŹ
Agent du joueur 4 Ă 8 MâŹ
Bryan Mbeumo (prime + contrat) 10 MâŹ+
CONCLUSION VIOLENTE
Tout le monde se sert dans le gĂąteau.
MĂȘme ceux qui nâont plus rien fait depuis des annĂ©es encaissent des millions.
Et pendant ce temps, Le transfert de Bryan Mbeumo vers Manchester United, aucun club camerounais ne bĂ©nĂ©ficiera dâun seul franc de cette opĂ©ration. Pourquoi ? Parce que Mbeumo a Ă©tĂ© formĂ© en France, Ă Troyes, loin des pelouses poussiĂ©reuses de nos centres oubliĂ©s.
Câest le reflet dâun systĂšme dĂ©faillant, oĂč nos talents naissent ici mais sâĂ©panouissent ailleurs, sans que la base ne soit reconnue ou valorisĂ©e. Ă force de nĂ©gliger la dĂ©tection, la formation locale et le suivi administratif des jeunes, nos clubs passent Ă cĂŽtĂ© des retombĂ©es Ă©conomiques de ces carriĂšres internationales.
Un mal bien camerounais : on cĂ©lĂšbre les Ă©toiles, mais on oublie de construire le ciel. C’est triste mais c’est ainsi le foot moderne : un monde dâintermĂ©diaires, de spĂ©culation, et dâinjustice structurĂ©e.
[Blaise ETONGTEK | Rédacteur CFOOT ]


