À quelques semaines des élections à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), la question du futur de Samuel Eto’o Fils à la tête de l’instance dirigeante agite le microcosme sportif camerounais. Bien que l’ancien capitaine des Lions Indomptables ne se soit pas encore prononcé officiellement, son entourage milite pour qu’il brigue un second mandat de quatre ans.
L’histoire avait commencé le 11 décembre 2021, lorsqu’au Mont Fébé, à Yaoundé, Eto’o remportait une élection âprement disputée face à Seidou Mbombo Njoya. L’ambiance ce jour-là était électrique : la capitale vibrait au rythme de la candidature de celui que beaucoup surnommaient le « choix du peuple ». Sa victoire fut célébrée dans les rues, les snacks et jusque dans les quartiers les plus reculés du pays.
À l’époque, son projet avait séduit par des promesses fortes, notamment une augmentation significative des subventions aux clubs d’Élite One, passant de 11 à 48 millions de FCFA par club. Cette annonce avait conquis les présidents de clubs, heureux d’entendre enfin un discours tourné vers la revalorisation du championnat local.
Cependant, à mi-mandat, les tensions sont apparues. Des désaccords ont éclaté entre la Fécafoot et certains dirigeants, notamment au sein de l’ACEC (Association des Clubs d’Élite du Cameroun). Le président Pascal Abunde a été accusé par une partie de ses pairs de ne plus défendre les intérêts des clubs. À Douala, une autre association parallèle a même vu le jour, creusant encore plus la fracture.
L’exécutif fédéral avait conditionné le versement des subventions au paiement des salaires des joueurs, ce qui a alimenté les crispations. Selon certains présidents, les subventions promises n’auraient pas été intégralement versées. Eto’o, lui, affirme le contraire. Lors de la dernière Assemblée générale de la Fécafoot, il a défendu son bilan :
> « Nous sommes passés de 11 millions de FCFA à 48 millions payés pour les bons élèves. Les clubs en règle ont touché jusqu’à 71 millions de FCFA. Ceux qui se plaignent sont ceux qui ont des procédures à la Fédération avec des joueurs qu’ils ne paient pas. »
Parmi les clubs n’ayant pas perçu de subventions, Bamboutos FC est cité comme exemple par Eto’o lui-même. Selon lui, ces clubs seraient responsables de leur situation.
Toutefois, ce discours n’a pas éteint les interrogations. Aucun bilan financier détaillé n’a encore été publié, laissant place à de nombreuses spéculations. Qui sont exactement les clubs ayant bénéficié de plus de 71 millions de FCFA ? Combien ont reçu la totalité des subventions annoncées ?
À l’approche de la campagne électorale, ces questions devraient occuper le devant de la scène. Les soutiens d’Eto’o mettent en avant son engagement, sa fermeté face aux clubs en infraction et ses efforts pour professionnaliser le championnat. Ses détracteurs, eux, pointent un manque de transparence et des promesses non tenues.
Quoi qu’il en soit, le bilan de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot sera l’un des enjeux majeurs du scrutin à venir. Les prochains jours diront si le « 9 » légendaire du Cameroun choisira de repartir pour quatre années supplémentaires à la tête du football national.


