Le rêve d’un deuxième mandat de Samuel Eto’o Fils à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) vient de voler en éclats. Alors que les délégués de l’Assemblée générale l’avaient invité « à l’unanimité » à se représenter, estimant son bilan globalement positif, un obstacle majeur vient bouleverser ses plans. Le ministère des Sports et de l’Éducation physique (Minsep), par la voix de son secrétaire général Joseph Yerima, a rappelé dans une correspondance datée du 13 août que seuls les statuts de 2021, validés par l’État, sont juridiquement applicables.
Le rappel à l’ordre du ministère
Dans sa lettre adressée à Alim Konaté, représentant de l’Assemblée générale de la Fécafoot, le Minsep a tenu à clarifier la situation. Les statuts de 2024, qui prévoyaient notamment une extension des mandats et de nouvelles conditions d’éligibilité, n’ont jamais été validés par le ministère, comme l’exige la loi n°2018/014 du 11 juillet 2018. En vertu du principe des « droits acquis », seules les règles en vigueur lors de l’élection de décembre 2021 restent donc applicables.
Ce rappel bouleverse les plans de l’exécutif actuel de Tsinga, qui misait sur les statuts modifiés pour assurer une candidature sans encombre de Samuel Eto’o.
Les conditions d’éligibilité fatales à Eto’o
Les statuts officiels de 2021, reconnus par l’État, stipulent à l’article 36 que tout candidat doit :
ne pas avoir été condamné à une peine définitive privative de liberté sans sursis supérieure à trois mois ;
ne pas avoir été condamné à une peine définitive privative de liberté avec sursis simple ou probation supérieure à six mois.
Or, Samuel Eto’o a été condamné en 2022 en Espagne pour fraude fiscale, une affaire qui lui ferme désormais les portes de l’éligibilité. Là où les statuts controversés de 2024 pouvaient lui offrir une échappatoire, ceux de 2021 sont sans appel : l’ancien capitaine des Lions indomptables est hors course.
Silence pesant à la Fécafoot
Cette décision crée un véritable séisme dans le camp des soutiens d’Eto’o. Beaucoup voyaient en lui l’homme fort capable de briguer un second mandat et de poursuivre ses réformes. Mais la tutelle a tranché, et le couperet est tombé. Pour l’heure, la Fécafoot n’a pas encore officiellement réagi à cette décision, mais la réaction de l’institution est très attendue dans les jours à venir.
Un scénario imprévisible qui ouvre désormais la bataille pour la succession à la présidence de la Fecafoot

