Le cas Christian Kofane, attaquant prometteur du Bayer Leverkusen, est en train de cristalliser toutes les contradictions du football camerounais.
Appelé à deux reprises par Marc Brys, le joueur a décliné les invitations. Le sélectionneur belge a exprimé sa déception en conférence de presse : « Nous l’avons convoqué à deux reprises et il a refusé à chaque fois. C’est dommage, car c’est un joueur très talentueux, jeune et déjà très fort. »
Mais derrière ce refus, c’est une réalité bien plus profonde qui transparaît : l’incapacité chronique du Cameroun à convaincre ses binationaux, plombée par les querelles internes et l’absence d’un projet clair.
Entre une FECAFOOT dirigée par Samuel Eto’o et un sélectionneur belge imposé par le ministère des Sports, le climat est délétère. Les tiraillements incessants, les communiqués contradictoires et les guerres d’ego créent une atmosphère qui rebute forcément les jeunes talents formés en Europe. Pourquoi un joueur comme Kofane, en pleine ascension en Bundesliga, choisirait-il de plonger dans ce chaos institutionnel ?
Pendant que le Sénégal ou le Maroc bâtissent des stratégies cohérentes pour séduire leurs binationaux, le Cameroun s’enlise dans ses divisions. Les Lions Indomptables deviennent une vitrine abîmée, où l’instabilité pèse plus lourd que l’héritage glorieux.
Plutôt que de pointer du doigt le joueur, Brys et la FECAFOOT devraient s’interroger : quelle image renvoient-ils aujourd’hui ? Tant que les querelles de pouvoir primeront sur la construction d’un vrai projet sportif, les talents comme Christian Kofane continueront de dire non. Et le Cameroun risque, une fois encore, de voir filer une génération entière sous ses yeux.


