
Karl Etta Eyong n’a jamais oublié d’où il vient. Avant d’être un joueur reconnu pour sa vision du jeu et sa détermination, il était surtout un enfant fasciné par les exploits de sa tante, Manuella Bekombo, alors attaquante vedette de l’équipe féminine du Cameroun. C’est elle qui a allumé la flamme du football en lui — et surtout, qui a convaincu la famille de le laisser poursuivre ce rêve malgré des moyens limités.
« Je dois beaucoup à ma tante », confie Etta Eyong avec émotion. « C’était un vrai plaisir de la voir jouer, marquer des buts et fêter ça avec ses amies. Grâce à elle, j’ai compris ce que c’était que d’avoir des coéquipières qu’on adore. Au tennis, on est seul face à un adversaire de l’autre côté du filet. Au football, on a une famille et on tisse des amitiés pour la vie. C’est donc grâce à ma tante que j’ai développé ma passion pour le football. »
S’il semblait destiné à suivre les traces de Manuella Bekombo en attaque, Etta Eyong a choisi une autre voie : celle du milieu de terrain. Doté d’un sens du placement, d’une endurance et d’une lecture du jeu remarquables, il a su transformer son héritage familial en force créatrice.
Mais son ascension n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. Originaire d’un milieu modeste, il a dû faire preuve d’une détermination sans faille pour franchir chaque étape.
« Arriver là où je suis aujourd’hui a été un véritable défi », raconte-t-il. « Nous n’avions pas beaucoup d’argent et je devais me rendre à l’entraînement dans une autre ville, à une dizaine de kilomètres de chez moi. Je n’avais pas toujours quelqu’un pour me ramener à la maison, alors il m’arrivait de rentrer à pied ou de partager le vélo d’un ami. Mais j’ai toujours cru en moi et je disais à mes parents : Ne vous inquiétez pas, je vais y arriver ! »
Aujourd’hui, Karl Etta Eyong incarne cette nouvelle génération de footballeurs camerounais forgés par la persévérance et la passion. Son histoire, à la fois familiale et personnelle, est celle d’un rêve bâti sur l’admiration, la résilience et la foi en ses propres capacités.
Et si chaque passe qu’il délivre aujourd’hui sur le terrain semble si juste, c’est peut-être parce qu’au fond, il joue toujours un peu pour elle — pour la tante qui a cru en lui avant tout le monde.

