
Joseph Pierre Batamack défend un bilan qu’il juge positif et dénonce des « traitements à géométrie variable ».
Dans le tumulte permanent qui entoure désormais la Fédération Camerounaise de Football, une voix s’élève, ferme et assumée : celle de Joseph Pierre Batamack, membre du comité exécutif de la FECAFOOT. Dans une récente sortie très commentée, il défend bec et ongles le travail réalisé depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de l’instance. Pour lui, le football camerounais n’est pas dans la crise que certains décrivent, mais dans une phase de transformation profonde.
Un professionnalisme enfin assumé ?
Batamack insiste sur un point central : le joueur est devenu la priorité. Selon lui, une révolution s’est opérée au niveau des conditions de travail dans l’élite locale.
« Depuis 4 ans, le football professionnel camerounais a nettement progressé. Dès son arrivée, le président Eto’o a mis le joueur au centre de son projet. »
Derrière ces mots, des chiffres :
- Subventions multipliées par quatre pour atteindre 48 millions FCFA par club en MTN Elite One, contre 12,5 millions précédemment.
- Un salaire minimum fixé à 200 000 FCFA pour les joueurs professionnels, une première historique dans le football local.
Autant de mesures qui, selon Batamack, ont redonné dignité et stabilité à un championnat longtemps fragilisé par l’amateurisme et l’irrégularité salariale.
Une élection contestée : deux poids, deux mesures ?
Interrogé sur la polémique entourant l’élection – ou potentielle réélection – de Samuel Eto’o, Batamack ne mâche pas ses mots. Pour lui, l’indignation actuelle manque de cohérence :
« Parlant de l’élection ? Infantino, Motsepe, même Njitap ont été élus par acclamation. Quand c’est le tour de Samuel Eto’o, on veut faire des choses qui ne sont pas bien. »
La question devient alors politique autant que sportive : Pourquoi ce qui est admis ailleurs devient-il problématique au Cameroun ? Batamack y voit une tentative de freiner une dynamique, voire de contrecarrer un projet devenu trop structurant pour certains.
Un débat qui dépasse les chiffres
Si les résultats économiques et sociaux mis en avant sont tangibles, ils s’accompagnent cependant de controverses bien réelles : tensions internes, critiques de gestion, conflits institutionnels. Le bilan Eto’o reste contrasté dans l’opinion, mais le camp Batamack défend une certitude : le football camerounais n’est plus le même qu’il y a quatre ans.
Le débat reste ouvert. Mais une chose est certaine : Samuel Eto’o continue de diviser, parce qu’il dérange autant qu’il transforme. Et c’est peut-être précisément là que se joue l’avenir du football camerounais.

