« Mais il fallait bien un prétexte. Alors on a effacé baobab, trop noble, trop encombrant, pour ne garder que « celui-là », ce pronom devenu injure dans les mains de ceux qui n’attendaient qu’un mot pour dégainer leur vertu », explique l’observateur de notre landerneau Oscar Njiki.
Pour lui, traiter quelqu’un de baobab, c’est pourtant reconnaître qu’il n’est pas un arbre parmi d’autres, mais un monument enraciné, un repère que même le silence désigne. « Mais non. Il fallait ignorer cela. Il fallait oublier qu’il l’avait élevé pour mieux le faire passer pour un ingrat. Et comme toujours, les cœurs en jachère se sont réveillés. Les aigris ont retrouvé une cause. Les sorciers de salon, au chômage depuis la dernière polémique, ont repris du service. Tous unis dans une croisade contre un homme qu’ils enterrent depuis 4 ans… sans parvenir à le faire disparaître », ajoute-t-il.
« Car dans ce monde, si tu ne t’inclines pas en chantant, on t’accuse de blasphème. Si tu ne récites pas le palmarès avec tremblement dans la voix, tu es suspect. La nuance, elle, ne fait plus recette. Le vacarme, lui, fait carrière. Ce n’est pas la grammaire qui fait problème ici, mais la conscience de ceux qui l’écoutent. Si Andre Onana avait dit « mon père Samuel Eto’o et Drogba sont les baobabs », certains y auraient vu de l’ironie. S’il avait dit « le grand Samuel Eto’o », on aurait crié à l’hypocrisie. Et s’il avait souri en le disant, on aurait parlé de moquerie. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas une phrase qu’on juge ici, c’est un homme qu’on a déjà condamné ».
« Le vrai problème, ce n’est pas « celui-là ». Le vrai problème, c’est que certains ont la rancune tenace et la mémoire sélective. Ils savent ce qu’ils ont dit, ce qu’ils ont fait, et ce qu’ils n’ont jamais digéré. Alors, à la moindre occasion, ils projettent leur propre malaise sur celui qu’ils n’ont jamais réussi à faire tomber. Quand Onana parle, ils entendent un affront. Quand il se tait, ils y voient du mépris. Quand il sourit, ils crient à la provocation. Ce n’est pas lui qui parle mal, c’est leur conscience qui leur répond. Alors non, je ne cherche pas à démontrer l’impossible. Je me contente de rappeler que dans une société où l’on juge les intentions plus que les mots, il est facile de faire d’un baobab un prétexte… et d’un homme une cible. Parlant de Wome, son ancien coéquipier qui, dit-on, s’était mal garé, Eto’o avait dit: « lui c’est qui »? Mais vous trouvez que dire « celui-là et Drogba sont les baobabs » c’est l’insulter. Bref…. J’en ai terminé avec ce sujet. Qui a tué Anicet Ekanè ? Pourquoi profaner son cadavre ? Mes prochaines publications. Je reviendrai sur l’affaire Fecafoot, Minsep, Brys et l’exclusion des cadres plus tard », conclut Oscar Njiki.


