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Vers un bras de fer judiciaire entre Marc Brys et le Cameroun ? Le Belge réclamera 2,4 milliards au Minsep

Vers un bras de fer judiciaire entre Marc Brys et le Cameroun ? Le Belge réclamera 2,4 milliards au Minsep

Le sélectionneur des Lions Indomptables menace de traîner le ministère des Sports devant les tribunaux. Une affaire qui révèle le chaos institutionnel du football camerounais.

Le feuilleton Marc Brys n’en finit plus de défrayer la chronique. Depuis sa nomination controversée à la tête des Lions Indomptables, le technicien belge navigue en eaux troubles, pris entre les feux croisés du ministère des Sports et de la FECAFOOT. Mais l’affaire prend désormais une dimension explosive : selon nos informations, Marc Brys serait prêt à réclamer pas moins de 2,4 milliards de FCFA d’indemnités au MINSEP si Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, procède à son licenciement.

Un contrat en béton armé

La stratégie de l’entraîneur belge repose sur un argument massue : son contrat, signé directement avec l’État camerounais via le ministère des Sports, et non avec la FECAFOOT. Pour Brys et ses conseils juridiques, toute rupture unilatérale constituerait une faute grave ouvrant automatiquement droit à des dommages et intérêts colossaux. Une épée de Damoclès qui plane désormais sur les finances publiques camerounaises.

Cette somme astronomique de 2,4 milliards de FCFA représente plusieurs années de salaires et de compensations prévues au contrat. Un montant qui pourrait mettre l’État dans une situation financière délicate, d’autant plus que la décision de licenciement émanerait théoriquement de la FECAFOOT, structure indépendante dirigée par Samuel Eto’o.

Le chaos institutionnel mis à nu

Au-delà du montant vertigineux en jeu, c’est toute l’aberration du système qui éclate au grand jour. Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en quelques lignes : un sélectionneur national nommé par le ministère des Sports mais jamais validé par la fédération, deux institutions aux prérogatives floues qui se livrent une guerre d’influence, et au milieu, les Lions Indomptables otages d’un bras de fer de pouvoir.

Le football camerounais se retrouve ainsi dans une impasse juridico-administrative ubuesque. D’un côté, Samuel Eto’o revendique son autonomie et son droit de choisir le staff technique de l’équipe nationale. De l’autre, le ministère des Sports invoque sa tutelle sur la fédération et sa légitimité à nommer le sélectionneur. Entre les deux, Marc Brys s’accroche à son contrat comme à une bouée de sauvetage, conscient que sa position juridique est solide.

La CAN 2025 en ligne de mire

Le timing ne pourrait être plus catastrophique. Alors que la Coupe d’Afrique des Nations 2025 approche à grands pas, les autres nations du continent peaufinent tranquillement leur préparation. Le Cameroun, lui, s’enlise dans des querelles intestines qui paralysent toute ambition sportive cohérente. Les joueurs, premiers concernés par cette situation, assistent impuissants à ce spectacle désolant.

Si cette menace judiciaire se concrétise, l’État camerounais pourrait se retrouver confronté à un contentieux international coûteux. Les précédents dans le monde du football montrent que les tribunaux, notamment le Tribunal Arbitral du Sport, ont tendance à donner raison aux entraîneurs lésés lorsque les contrats sont formels et les ruptures abusives.

L’addition salée du désordre

Cette affaire soulève une question fondamentale : qui décide vraiment au sein du football camerounais ? L’État ? La FECAFOOT ? Les deux à la fois ? Ni l’un ni l’autre ? Cette confusion des pouvoirs, cette superposition des légitimités, ce flou artistique permanent finissent par coûter cher. Très cher. Et ce sont les contribuables camerounais qui pourraient en faire les frais.

Pendant que les regards se tournent vers la prochaine CAN, le Cameroun, quintuple champion d’Afrique, offre le spectacle d’une nation incapable de mettre de l’ordre dans sa propre maison. Les 2,4 milliards de FCFA que pourrait réclamer Marc Brys ne sont pas seulement une menace financière : ils sont le prix à payer pour des années de mauvaise gouvernance, de luttes de pouvoir stériles et d’absence de vision claire.

Le dossier Brys est devenu un symbole. Celui d’un football camerounais malade de ses divisions, otage de ses ego, prisonnier de son incapacité à trancher. Et si rien ne change rapidement, ce ne sont pas seulement 2,4 milliards qui risquent d’être perdus, mais aussi la crédibilité de tout un système.

La balle est désormais dans le camp des décideurs. Reste à savoir s’ils sauront enfin la jouer collectif.

Written by David Essomba

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