À quelques jours d’un rendez-vous crucial face à Bournemouth, Ruben Amorim avance sur un fil. L’entraîneur portugais doit composer avec une incertitude de taille : les départs imminents de Bryan Mbeumo, Amad Diallo et Noussair Mazraoui en sélection nationale pour disputer la CAN 2025. Une situation délicate, symptomatique du casse-tête permanent que représente le calendrier international pour les clubs européens.
Face aux médias, Amorim n’a pas cherché à masquer sa frustration, tout en adoptant un discours mesuré et pragmatique. « Nous sommes toujours en discussion avec les sélections nationales. Le match se joue lundi, les joueurs sont ici, ils s’entraînent, et nous essayons d’anticiper tous les scénarios possibles pour préparer la rencontre », explique-t-il. Le technicien reconnaît un sentiment partagé dans le vestiaire : « C’est frustrant, mais personne ne sait encore qui sera disponible pour jouer. »
L’incertitude est d’autant plus pesante que chaque sélection avance avec ses propres impératifs. Amorim le sait : tout dépendra du calendrier et de la vision des fédérations concernées. « Chaque sélection a sa vision du moment où elle souhaite récupérer ses joueurs. J’espère qu’une décision sera prise aujourd’hui, ou peut-être demain », confie-t-il, laissant planer le doute jusqu’à la dernière minute.
Pour autant, le coach refuse de céder au pessimisme. Bien au contraire. Dans cette zone de turbulences, il voit aussi une opportunité. « C’est aussi un point positif : nous avons un effectif capable de faire face à toutes les situations. Avec une semaine complète de travail, on peut observer beaucoup de choses et travailler sur plusieurs aspects afin de préparer le match », souligne Amorim, convaincu que la profondeur de son groupe peut faire la différence.
En coulisses, le club s’appuie sur un cadre réglementaire désormais plus clair. Pour rappel, la FIFA a autorisé les clubs à conserver les joueurs convoqués pour la CAN jusqu’au 15 décembre. Un sursis précieux, mais temporaire, qui n’efface pas totalement l’incertitude sportive.
D’ici au coup d’envoi, Manchester devra donc patienter, scruter les décisions venues d’Afrique et ajuster ses plans en conséquence. « Nous allons attendre jusqu’au dernier moment pour voir si nous pouvons disposer de tous les joueurs et ainsi aligner la meilleure équipe possible », résume Amorim.
Un aveu lucide, à l’image d’un entraîneur pris entre exigences du haut niveau et réalités du football mondial. Lundi, sur la pelouse, le verdict tombera. Avec ou sans ses internationaux africains.


