Après le match nul encourageant face à la Côte d’Ivoire (1-1), David Pagou savourait une victoire plus grande que le résultat : celle d’une équipe nationale enfin débarrassée des turbulences fédérales qui ont longtemps miné son potentiel.
Il y a quelques mois encore, les Lions Indomptables faisaient davantage la une pour les querelles internes à la Fédération camerounaise de football que pour leurs performances sur le terrain. Aujourd’hui, le vent a tourné. Et David Pagou, le sélectionneur national, ne cache pas son soulagement.
Au sortir du match nul concédé face aux Éléphants ivoiriens, champions d’Afrique en titre, Pagou a tenu à souligner un changement fondamental dans l’atmosphère qui entoure son équipe. « Aujourd’hui, on ne parle plus de problème au sein de la Fédération. Vous avez vu comment les ondes sont positives autour de l’équipe », a déclaré le technicien avec une pointe de satisfaction dans la voix.
Cette sérénité retrouvée à la Fecafoot n’est pas un détail anodin. Elle constitue le terreau sur lequel les Lions peuvent désormais bâtir leur reconstruction. Le contraste est saisissant avec les périodes d’instabilité qui ont si souvent parasité les ambitions camerounaises, minant la cohésion et détournant l’attention des objectifs sportifs.
Une performance qui parle d’elle-même
Sur le terrain, les effets de cette accalmie administrative se sont fait sentir. Face à une formation ivoirienne expérimentée et auréolée de son titre continental, les jeunes pousses camerounaises ont fait preuve d’une détermination remarquable. Le but de Junior Tchamadeu a permis aux Lions d’arracher un point précieux dans une rencontre disputée de bout en bout.
« Heureusement, il y a eu notre jeunesse qui a couru énormément et qui a tenu tête à cette belle équipe », a analysé Pagou, qui refuse pourtant de crier victoire trop vite. Le sélectionneur garde la tête froide, conscient que le chemin reste long. « On a fait match nul, mais on ne peut pas considérer ça comme une victoire, même s’il y avait la place pour prendre les trois points », tempère-t-il.
L’ambition retrouvée
Ce qui transparaît dans les propos de David Pagou, c’est une confiance progressivement reconstruite. Le technicien estime que son équipe a prouvé qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleurs du continent. « Le niveau de notre équipe est en progression. On a tenu tête à la Côte d’Ivoire, champion en titre, avec des joueurs matures », s’est-il félicité, avant d’ajouter avec prudence : « On peut se situer au même niveau, même si je n’ai pas envie de le dire ni de le croire. »
Cette humilité assumée n’empêche pas l’ambition. Pour Pagou, le message est clair : le Cameroun travaille pour « challenger les grands ». Et ce match nul face aux Éléphants constitue une pierre de plus dans l’édifice d’une reconstruction qui, enfin, peut se faire dans la durée et la stabilité.
« On va continuer de progresser », a conclu le sélectionneur. Une promesse qui, dans le contexte actuel d’apaisement à la Fecafoot, prend une dimension bien plus crédible qu’auparavant. Les Lions Indomptables ont retrouvé ce qui leur manquait le plus : la paix nécessaire pour rugir de nouveau sur la scène africaine.


