Écarté de la sélection camerounaise par la Fécafoot dirigée par Samuel Eto’o, Marc Brys n’a toujours pas digéré la décision du comité d’urgence qui l’a éloigné de la tanière des Lions Indomptables. Malgré les résultats encourageants obtenus par l’équipe nationale sous la direction de David Pagou, le technicien belge reste profondément marqué par ce qu’il considère comme une mise à l’écart injustifiée.
Dans un entretien accordé à nos confrères flamands de Sporza, Marc Brys ne cache pas sa déception. Il affirme n’avoir suivi aucun match du Cameroun depuis le début de la CAN, une posture étonnante pour un entraîneur de son expérience. Selon lui, cette prise de distance est directement liée à la manière dont il a été évincé du staff technique, alors qu’il estimait être toujours légitimement en poste.
« Quand on est exclu injustement, on ne ressent plus l’envie d’analyser ces matchs », confie-t-il sans détour. Une déclaration forte, surtout lorsqu’on la compare à l’attitude d’un autre technicien belge, Hugo Broos, pourtant évincé après son sacre à la CAN 2017 au Gabon. Ce dernier a récemment reconnu suivre attentivement les prestations des Lions, preuve d’un attachement intact à la sélection camerounaise.
Après une qualification à la CAN obtenue sans difficulté, Marc Brys se voyait naturellement poursuivre l’aventure au Maroc. Son éviction a donc été vécue comme une véritable désillusion, d’autant plus qu’il reçoit des retours positifs sur le travail de son ancien adjoint, aujourd’hui sélectionneur principal. Pour Brys, cette situation illustre les limites de la gouvernance sportive au Cameroun, qu’il juge peu professionnelle.
Malgré tout, le Belge assure ne nourrir aucune rancœur. « J’espère sincèrement que le Cameroun ira loin et gagnera », affirme-t-il, précisant qu’il garde encore des contacts avec certains joueurs. Ces derniers, selon lui, regrettent l’absence de l’ancien staff et saluent son professionnalisme. Toutefois, Marc Brys reste ferme sur un point : « Un sélectionneur est en poste du premier au dernier jour de son contrat. Pas par intermittence, parce que quelqu’un prétend être au-dessus de la loi. »
Un témoignage sans filtre, révélateur des tensions persistantes autour de la gestion du football camerounais.


