in

Et si l’absence d’Onana et Aboubakar était une chance ?

Et si l’absence d’Onana et Aboubakar était une chance ?

L’élimination du Cameroun en quarts de finale cache une vérité dérangeante : sans Onana et Aboubakar, les Lions ont retrouvé une cohésion que les ego avaient étouffée.

Au lendemain de l’élimination du Cameroun de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, une analyse à contre-courant émerge. Loin des lamentations sur l’absence des cadres historiques, Georges Mbimb, journaliste à RSI, livre une lecture sans concession : cette équipe aurait pu sombrer bien plus tôt avec ses « légendes » sur le terrain.

Le cas André Onana cristallise cette problématique. Le gardien de Manchester United, écarté dans la controverse, incarne selon le journaliste une dérive dangereuse : celle du joueur qui se croit meneur de jeu. « Un gardien de but qui veut être meneur de jeu est un danger permanent pour un entraîneur », martèle Mbimb. Les chiffres parlent : lors des dernières sorties décisives avec Onana dans les cages, le Cameroun a encaissé des buts évitables, donnant l’impression que le portier imposait sa propre philosophie plutôt que celle du sélectionneur.

Vincent Aboubakar, autre figure emblématique absente, n’échappe pas à cette analyse critique. Son palmarès reste intact, son statut de légende indiscutable. Mais le football moderne ne se joue pas avec des souvenirs. « Dans cette CAN 2025, l’intensité est brutale », rappelle le journaliste. Les équipes qui progressent pressent, répètent les efforts, étouffent l’adversaire. Un avant-centre en manque de rythme devient alors un handicap, aussi glorieux soit son passé.

La véritable révélation de cette compétition réside ailleurs : dans l’abnégation de joueurs comme Mbeumo, qui incarnent le leadership moderne. Pas celui des déclarations tonitruantes, mais celui du travail dans l’ombre, de la course répétée, des espaces fermés, des consignes respectées. Ce Cameroun-là, malgré ses limites techniques, a tenu grâce à moins d’ego, moins de voix contradictoires, moins de joueurs se croyant au-dessus du projet collectif.

Le diagnostic de Georges Mbimb est implacable : « Ces dernières années, André Onana, Vincent Aboubakar et quelques autres absents donnaient le sentiment profond qu’ils regardaient d’abord leur rôle, avant de regarder l’équipe. » Une équipe nationale ne survit pas longtemps à cette hiérarchie inversée.

La conclusion du journaliste résonne comme un manifeste pour le football camerounais de demain : « Parfois, perdre des noms… c’est gagner une équipe. » Une leçon que Marc Brys et la Fédération camerounaise devront méditer pour bâtir l’avenir des Lions Indomptables, où le talent individuel servira enfin le collectif plutôt que de le parasiter.

Written by David Essomba

« Peut mieux faire », le constat amer d’un talent gâché

« Peut mieux faire », le constat amer d’un talent gâché

Martin Hongla rebondit à l’Aris Thessalonique pour relancer sa carrière

Martin Hongla rebondit à l’Aris Thessalonique pour relancer sa carrière