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Combat contre l’injustice dans le football

Combat contre l’injustice dans le football

De manière générale, l’injustice est une menace universelle qui appelle à la révolte et à l’action. Le philosophe français Albert Camus disait à son tour : « Il ne suffit pas de dénoncer l’injustice. Il faut donner sa vie pour la combattre. » Oui ! La colombe l’a fait ! Le club du Dja et Lobo a saisi ce message, et a décidé hier, de « donner sa vie » pour combattre l’injustice. Une injustice dont le point d’orgue était l’arbitrage sur mesure hier face à la Panthère Sportive du Ndé lors de la super Coupe du Cameroun.

Lire l’analyse de Alain Denis Ikoul :

Colombe du Dja et Lobo: victime hier, aujourd’hui et demain ?

La Colombe du Sud semble depuis plusieurs semaines déjà, être la cible d’un acharnement à nul autre pareil. Les jours passent, les matchs s’enchaînent, et la Colombe continue de subir les affres d’un arbitre sur mesures, mais aussi d’une gouvernance fédérale calamiteuse et surtout complètement opaque. Mais pour tout comprendre, il faut remonter au 1er février dernier, date de la tenue de l’Assemblée Générale, ou les dirigeants de la Colombe s’adressant à l’AG, avaient présenté un long chapelet de créances vis-à-vis de la Fédération camerounaise de Football.

Des montants qui culminent à un peu plus d’un demi milliard de nos Francs, répartis sur 4 ans, et représentant les subventions de l’Etat, les différentes primes de champion et de vainqueur de la Coupe. L’ardoise est lourde, Colombe est au bord de l’implosion, les officiels craquent et crachent le morceau:  c’était la signature de l’arrêt de mort du club.

Dans un environnement où l’Omerta est requis, où le silence est la règle face à l’injustice, Colombe avait osé enfreindre cette règle, celle qui veut que les clubs souffrent en silence, et que le bourreau soit érigé en héros national. Le club devait donc s’apprêter à payer pour cet acte de « désobéissance au roi des rois ».

Face au même adversaire, après que les dirigeants [de Panthères] soient entrés et sortis du vestiaire des arbitres à la mi-temps, un Penalty totalement imaginaire a été sifflé contre Colombe. C’était déjà le cas le week-end dernier en championnat, c’était encore le cas hier lors du trophée des champions [cf communiqué du club].

Hier soir devant le Président de la Fédération, l’arbitrage sur mesure a encore frappé, et face à cette injustice, la Colombe a décidé de mettre en pratique le précieux conseil de Samuel Eto’o après le match Maroc – Sénégal en finale de CAN, en quittant la pelouse. Et comme le disait le patron de notre fédération pour le Sénégal: « c’est un acte courageux que de dire non à ce type d’injustice ».

Colombe sur les traces de Bamboutos de Mbouda ?

En disant NON à l’injustice de cette manière, la Colombe a pris un gros risque, mais il fallait le prendre. Il fallait prendre ce risque pour combattre la REPUBLIQUE DES CHAMPIONS SUR MESURES, pour mettre fin à ces victoires de bureaux, ces victoires qui se décident autour d’une bouteille de champagne et quelques prébendes, au mépris du mérite sportif. Colombe a dit Non à l’arbitrage maison, non à la corruption, non à un football dans lequel les trophées sont promis « aux amis » en avance. Non à ce manque de respect envers le public. Colombe à travers son geste a décidé de redonner au football toute sa place, avec toutes ses valeurs d’équité et de justice.

Et comme Bamboutos qui autrefois avait osé briser le sacro-saint principe de l’Omerta dans le football camerounais en revendiquant ses droits à la fédération, comme ces arbitres qui ont osé revendiquer leurs années d’émoluments impayés, Colombe doit se préparer à être voué aux gémonies et cloué au pilori.

Un arbitrage encore plus à charge pour les rencontres à venir, une relégation totalement abusive, 10 ans de suspension pour certains dirigeants, des injures de la milice cybernétique au quotidien, Colombe doit s’apprêter à subir des conséquences à la hauteur du coup aujourd’hui assené à la mafia qui a pris notre football en otage.

Même si on a envie de condamner l’attitude « un-fair-play » qui consiste à quitter la pelouse, il reste toujours ce son de la voix des joueurs et des dirigeants de la Colombe, de ce public qui a fait le déplacement, disant : « Nous voulons juste un arbitrage équitable ». Hélas ! L’équité a foutu le camp dans le football camerounais depuis 2021, et les trophées se décident et se distribuent désormais dans les bureaux: bienvenue dans la république des champions sur mesures.

Written by David Essomba

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