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Bras de fer explosif autour des subventions, Pierre Batamack charge Colombe du Sud

Bras de fer explosif autour des subventions, Pierre Batamack charge Colombe du Sud

La tension monte dans le football camerounais. Alors que la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) est accusée par Colombe du Sud de non-paiement de subventions estimées à 600 millions de francs CFA, Pierre Batamack sort du silence. Et le membre du Comité exécutif de l’instance faîtière ne mâche pas ses mots.

Président d’Avion FC, porte-parole de l’Association des clubs d’élite du Cameroun (ACEC) et cadre dirigeant de la FECAFOOT, Pierre Batamack a tenu à clarifier la situation face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation.

« La FECAFOOT n’a jamais refusé de payer »

« La Fédération camerounaise de football n’a jamais refusé de payer les subventions à Colombe », affirme-t-il d’entrée. Selon lui, la suspension des paiements ne relève pas d’une décision unilatérale de la FECAFOOT, mais d’une démarche initiée par l’ACEC.

En cause : une dette contractée par Colombe envers les clubs, dans le cadre d’une convention liant les différentes parties. « C’est nous, l’ACEC, qui avons demandé à la FECAFOOT de ne pas payer tant que Colombe ne nous paie pas. Nous avons fait ce qu’on appelle le tiers détenteur », explique Batamack.

Le principe est simple : bloquer les fonds destinés au club afin de garantir le remboursement des sommes dues aux autres formations. « Si on les paie, ils ne vont pas nous payer », tranche-t-il.

La question des fonds de la Coupe du Monde

Pierre Batamack soulève également un autre point sensible : celui des retombées financières issues de la Coupe du Monde, prévues dans la convention. « L’argent de la Coupe du Monde que nous devions recevoir, pourquoi Colombe ne nous paie pas ? », interroge-t-il.

Pour le dirigeant, la démarche vise à protéger les intérêts des clubs membres de l’ACEC. Certaines subventions perçues par Colombe auraient ainsi été saisies pour permettre le règlement des dettes envers les autres clubs.

Refus de match : « du jamais vu »

Mais l’affaire a pris une autre dimension avec le refus de Colombe de disputer un match, geste que Batamack qualifie d’atteinte grave à l’image du football camerounais.

« Refuser de jouer un match parce qu’on estime que la FECAFOOT nous doit 600 millions ? Nous demandons d’où sort ce chiffre », lance-t-il.

Pour lui, cette attitude vise à ternir l’image de la fédération et du championnat. « Si tous les clubs font pareil, on va où ? », questionne-t-il, dénonçant un précédent dangereux pour la crédibilité des compétitions nationales.

Eto’o ferme la porte au « chantage »

Le ton se fait encore plus ferme lorsqu’il évoque la ligne adoptée par le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o.

« Le président Samuel Eto’o n’est plus là pour perdre son temps à supplier ni à négocier. Le chantage est fini », avertit Batamack.

Message clair : les sanctions tomberont pour les clubs jugés fautifs. « Ceux qui doivent l’argent aux clubs, qu’ils les paient. Ensuite, qu’ils se retournent vers la fédération pour réclamer ce qui leur revient, s’il y a lieu. »

Au-delà des déclarations musclées, cette affaire met en lumière les fragilités structurelles du football camerounais : gouvernance, transparence financière et relations parfois conflictuelles entre clubs et instance dirigeante.

Reste désormais à savoir si ce bras de fer trouvera une issue administrative… ou s’il s’invitera sur le terrain judiciaire.

Written by David Essomba

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