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Samuel Eto’o : un modèle entrepreneurial contesté

Samuel Eto’o : un modèle entrepreneurial contesté

Le 27 février 2026, lors de la première édition du Digital B Mentoring, organisée par Bruno Bidjang, une scène particulière s’est produite. Face à un public de jeunes  venus écouter des conseils, la légende du football camerounais Samuel Eto’o a raconté l’échec de son projet Set Mobile. Selon ses propres mots : « J’ai investi 4 milliards de FCFA de ma poche. J’ai fait confiance à des Camerounais brillants… mais certains ont vu en moi une banque. » Beaucoup ont applaudi l’honnêteté. D’autres y ont vu un témoignage inspirant. Mais pour qui connaît un peu l’économie et l’entrepreneuriat, cet exemple pose aussi plusieurs questions. Car un mentor ne transmet pas seulement ses réussites. Il transmet les bonnes méthodes, explique l’écrivain Jean Ediegnie.

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Voici donc 5 raisons pour lesquelles Samuel Eto’o n’est peut-être pas le meilleur modèle entrepreneurial pour les jeunes.

1- Investir seul des milliards dans un projet n’est pas une stratégie entrepreneuriale

Dans le monde des affaires, une règle simple existe :

👉 On ne finance presque jamais seul un projet de grande envergure.

Les entreprises modernes se construisent avec :

– des partenaires

– des investisseurs

– des banques

– des fonds d’investissement.

Mettre 4 milliards de FCFA de fonds propres dans une seule entreprise n’est pas un modèle. C’est un risque financier extrême. Et ce n’est certainement pas ce qu’un jeune entrepreneur camerounais doit reproduire.

2- L’entrepreneur ne doit jamais être la seule source d’argent

Dans un projet structuré, l’entrepreneur :

– apporte une vision

– mobilise des compétences

– partage le risque.

Lorsqu’une entreprise dépend uniquement de l’argent de son fondateur, elle devient fragile.

Pourquoi ? Parce que toute l’organisation finit par considérer le fondateur comme une banque personnelle. C’est précisément ce que Samuel Eto’o lui-même a reconnu.

3- L’échec entrepreneurial ne s’explique jamais uniquement par les employés

Dans son témoignage, Samuel Eto’o explique que certains collaborateurs auraient « dépouillé la banque ».

Mais dans la gestion d’entreprise, la responsabilité finale revient toujours :

👉 au dirigeant.

Un entrepreneur doit mettre en place :

– des contrôles financiers

– des audits

– une gouvernance claire. Si ces mécanismes n’existent pas, le problème n’est pas seulement humain. Il est structurel.

4-L’entrepreneuriat ne se résume pas à investir de l’argent

Beaucoup de jeunes ont retenu une seule chose de ce témoignage : « Il faut avoir beaucoup d’argent pour entreprendre. »

C’est faux.

Les plus grandes entreprises technologiques du monde ont souvent commencé avec très peu de moyens.

Ce qui compte le plus dans l’entrepreneuriat, ce sont :

– l’idée

– le modèle économique

– l’équipe

– la stratégie.

Pas seulement l’argent.

5- Le rôle d’un mentor est d’éclairer… pas d’impressionner

Le mentoring repose sur trois principes :

la transmission

la bienveillance

l’expérience utile.

Lorsqu’un mentor raconte son parcours, l’objectif n’est pas de montrer sa puissance financière.

L’objectif est d’aider les autres à éviter les erreurs.

Et sur ce point, l’expérience Set Mobile aurait pu être une formidable leçon :

👉 comment structurer un projet

👉 comment partager le risque

👉 comment sécuriser la gouvernance.

En Conclusion :

Samuel Eto’o restera toujours une légende du football africain. Son parcours sportif est exceptionnel.

Son influence est immense. Mais dans le domaine entrepreneurial, l’expérience racontée lors du Digital B Mentoring montre une chose importante : la réussite sportive ne garantit pas la maîtrise des règles de l’entrepreneuriat. Et pour les jeunes qui veulent entreprendre, la vraie leçon est peut-être celle-ci : On ne construit pas une entreprise avec la seule force de l’argent. On la construit avec une méthode. Et c’est cette méthode que la jeunesse camerounaise doit apprendre.

 

Written by David Essomba

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