
Le sélectionneur du Cameroun, Marc Brys, a rendu publique une liste élargie de 28 joueurs pour les barrages qualificatifs à la Coupe du monde 2026.
Une liste censée refléter la reconstruction et l’équilibre entre expérience et jeunesse, mais qui, à y regarder de plus près, ressemble davantage à un patchwork hésitant, marqué par des choix contestables, des absences surprenantes et un message brouillé sur les critères de sélection.
Des choix qui défient la logique sportive
Difficile de comprendre la présence de Jean Onana, joueur du Genoa, auteur de seulement 12 minutes de jeu cette saison. Son manque de rythme et d’impact interroge, surtout quand on sait que Frank Boya, solide et régulier avec Tijuana au Mexique, reste à quai. Ce contraste donne l’impression d’une sélection basée sur des préférences personnelles plutôt que sur le mérite sportif.
Même constat pour Christopher Wooh. Le défenseur central du Spartak Moscou, qui retrouve peu à peu son niveau, est écarté. Son absence semble davantage punitive que sportive, probablement liée à son erreur lors du match contre le Cap-Vert, qui avait coûté cher aux Lions indomptables. Mais si la logique de sanction prévaut sur celle du mérite, on peut s’interroger sur la gestion psychologique de l’effectif et la capacité de Brys à maintenir la cohésion dans un groupe déjà fragile.
Des absences qui posent question
Le cas Simon Ngapandouetnbu est tout aussi déroutant. Longtemps convoqué alors qu’il ne jouait pas à Marseille, le jeune gardien est désormais titulaire et performant à Montpellier… mais disparaît de la liste. Le paradoxe est frappant : faut-il être remplaçant pour être sélectionné ? Ce type de décision nourrit l’idée que Brys n’accorde pas la valeur qu’il faut à la forme du moment, un critère pourtant essentiel à ce stade de la compétition.
Des joueurs sans réelle dynamique
La convocation de Patrick Soko illustre parfaitement les incohérences de cette liste. L’ailier, sans éclat en club et loin de ses standards de la saison passée, figure pourtant parmi les élus. Ce choix, combiné à celui d’autres joueurs peu utilisés en sélection, pose la question du réalisme compétitif de l’équipe : pourquoi insister avec des éléments qui n’apportent pas de valeur ajoutée dans les matchs décisifs ?
Une liste surchargée et un bras de fer institutionnel
Au-delà des noms, le nombre interpelle : 28 joueurs, alors que la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) impose un quota de 26. Ce dépassement, plus qu’un simple détail administratif, traduit une forme de désordre managérial et peut-être même de provocation à peine voilée envers l’instance dirigée par Samuel Eto’o. En agissant ainsi, Marc Brys renvoie l’image d’un sélectionneur indécis ou défiant, incapable de trancher ou désireux d’affirmer son autonomie dans un contexte tendu.
Un sélectionneur en quête de légitimité
Depuis son arrivée, Marc Brys tente de s’imposer dans un environnement miné par les tensions entre la Fécafoot et le ministère des Sports. Mais à travers cette nouvelle liste, il donne surtout l’image d’un technicien qui peine à trouver un cap clair, oscillant entre compromis politiques et décisions surprenantes. En privilégiant certains joueurs inactifs au détriment de talents en forme, il s’expose à la critique d’un public qui réclame avant tout cohérence et mérite.
Conclusion : des Lions confus avant le rugissement
À l’approche des barrages, le Cameroun a besoin d’un groupe soudé, discipliné et motivé. Or, cette liste de 28, bancale et incohérente, laisse entrevoir un climat d’incertitude. Marc Brys semble plus préoccupé par les équilibres internes que par la performance pure. À ce rythme, les Lions indomptables risquent d’entrer dans ces barrages avec plus de questions que de certitudes — un luxe que le Cameroun ne peut plus se permettre.

