Dans des déclarations fracassantes, le président de la Fédération camerounaise de football accuse ouvertement son rival de manœuvres déloyales et dénonce un climat de duplicité au sein de l’instance dirigeante.
Samuel Eto’o Fils ne mâche plus ses mots. Le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a levé le voile sur ce qu’il considère comme une véritable cabale orchestrée contre lui au sein de l’institution qu’il dirige depuis 2021. Au cœur de ses accusations : Geremi Njitap, ancien international et figure influente du football camerounais.
« Ils ont tout fait pour m’éliminer à la Fédération, Geremi Njitap en tête », a déclaré la légende des Lions Indomptables, rompant avec la réserve habituelle qui caractérise les conflits internes des instances sportives. Cette sortie publique marque un tournant dans les tensions qui minent la gouvernance du football camerounais.
Des accusations graves et assumées
Eto’o ne se contente pas d’insinuations. Il affirme ouvertement que son rival politique a cherché à précipiter sa chute, non par conviction ou par projet alternatif, mais par pur opportunisme. « Je le dis ouvertement, ils le savent : Geremi a voulu qu’on soit éliminé, espérant occuper ce poste sans travailler », assène l’ancien attaquant du FC Barcelone et de l’Inter Milan.
Cette charge frontale intervient dans un contexte déjà tendu pour la FECAFOOT, confrontée à des défis multiples : résultats sportifs en dents de scie, problèmes de gouvernance et, comme le souligne Eto’o, des difficultés avec la FIFA, l’instance mondiale du football.
Le retour de bâton
Dans une ironie qui n’échappe pas au président de la FECAFOOT, ceux qu’il accuse de complot se retrouveraient aujourd’hui pris à leur propre piège. « Mais Dieu, qui veille sur ceux qui agissent honnêtement, a fait son œuvre. Aujourd’hui, eux-mêmes sont confrontés à leurs propres problèmes avec la FIFA », affirme Eto’o avec une satisfaction à peine dissimulée.
Cette référence aux « problèmes avec la FIFA » suggère que les adversaires d’Eto’o feraient l’objet de procédures ou d’enquêtes de l’instance internationale, une situation qui viendrait valider, selon lui, la justesse de sa position.
Un réquisitoire contre la duplicité
Au-delà du cas Geremi Njitap, Samuel Eto’o dresse un portrait inquiétant de l’atmosphère qui règne dans les couloirs de la fédération. « Ce sont des gens qui ne sont pas honnêtes : ils vous disent une chose et en font une autre », déplore-t-il, pointant du doigt une culture de la dissimulation et de la double parole.
Ces accusations de malhonnêteté et de manque d’intégrité, portées par celui qui reste l’un des footballeurs africains les plus titrés de l’histoire, pèsent lourd dans le débat public camerounais. Elles soulèvent des questions sur la transparence et l’éthique au sein d’une institution censée incarner les valeurs du sport.
Un clash aux multiples enjeux
Cette confrontation publique entre deux figures emblématiques du football camerounais dépasse le simple conflit de personnes. Elle révèle les lignes de fracture qui traversent la FECAFOOT et, plus largement, le football africain, souvent tiraillé entre aspirations à la modernité et pratiques de gouvernance contestées.
Pour Samuel Eto’o, cette sortie médiatique marque une stratégie de transparence radicale : plutôt que de laisser les rumeurs prospérer dans l’ombre, il choisit d’exposer publiquement ce qu’il présente comme la vérité sur les luttes d’influence qui agitent la fédération.
Reste à savoir si cette franchise assumée permettra d’assainir le climat au sein de la FECAFOOT ou si elle ne fera qu’approfondir les divisions dans une institution qui, pour remplir sa mission, aurait besoin d’unité et de sérénité. Une chose est certaine : le silence est désormais rompu, et le football camerounais devra composer avec cette nouvelle ère de vérités dévoilées.


