L’histoire a cette fâcheuse habitude de se répéter. En Centrafrique, comme au Cameroun, la nomination des sélectionneurs nationaux reste une prérogative politique. Que ce soit à Bangui ou à Yaoundé, les présidents des fédérations sportives se retrouvent à se plaindre sur la place publique.
À l’image de Samuel Eto’o au Cameroun, Célestin Yanindji a rapidement fait savoir au monde entier que ni lui ni son institution n’ont été impliqués dans la nomination de Rigobert Song, malgré sa réputation de coach chevronné.
Dans un communiqué, la Fédération Centrafricaine de Football a exprimé sa surprise et son indignation face à la publication de l’arrêté ministériel N°002/MP/SEC/DIR-CAB.2025, appris, selon elle, uniquement via les réseaux sociaux.
Réuni en session extraordinaire le 14 janvier 2025, le Comité Exécutif a rappelé qu’il n’avait été ni consulté ni informé au préalable. De ce fait, il a rejeté cette décision, jugée unilatérale et contraire aux règlements en vigueur.
Rigobert Song : De Yaoundé à Bangui, un défi sous tension
Ironie du sort, Rigobert Song, héros national camerounais, avait obtenu son premier poste de sélectionneur grâce à des soutiens politiques similaires. Entre tensions institutionnelles et rivalités de pouvoir, il a su tirer son épingle du jeu au Cameroun. Désormais, en Centrafrique, il devra composer avec une équipe au potentiel limité et des attentes élevées.
Célestin Yanindji, toutefois, se démarque de Samuel Eto’o. Plutôt que d’affronter frontalement le gouvernement, il préfère coopérer. Dans son discours, il met en avant une politique de “nationalisation” du staff technique qui, selon lui, commence à porter ses fruits. Cette stratégie a notamment permis à la Centrafrique de se qualifier pour le Championnat d’Afrique des Nations, aux dépens du Cameroun.
Malgré des différends évidents, Yanindji a choisi de s’aligner sur la vision du Président Touadéra, évitant ainsi une crise inutile entre le ministère des Sports et la fédération.
Un défi de taille pour Song et la Centrafrique
L’arrivée de Rigobert Song promet d’attirer l’attention sur une sélection peu habituée aux projecteurs internationaux. Les célèbres proverbes de Magnan pourraient bien refaire surface, mais l’ex-capitaine des Lions Indomptables devra relever un défi de taille : transformer une équipe modeste en un groupe compétitif. Une chose est sûre : les matchs de la Centrafrique vont désormais captiver un public bien au-delà de ses frontières.


